La saison 2019-2020 au Bois de l’Aune

Croyant arriver presque au bout (il lui reste un article dans les cartons), quand il n’y en a plus, il y en a encore : voilà encore une programmation qui fait de l’oeil au poisson ! Cette fois-ci, c’est celle du Théâtre du Bois de l’Aune, théâtre aixois au coeur du quartier Jas de Bouffan. Une salle gérée par son directeur, Patrick Ranchain.

Marcel vous avait déjà parlé de cette salle ici et . Elle a deux spécificités : proposer TOUS ses spectacles GRATUITEMENT (ils sont donc bondés très vite* !) et être implanté dans un des quartiers les plus pauvres d’Aix, là où on ne s’attendrait pas du tout à y voir un théâtre (et c’est ça qui est génial !).

* Bon à savoir : les réservations sont ouvertes pour les spectacles du mois en cours et des deux mois suivants

Pour être tout à fait honnête, jusqu’à peu, il trouvait que la programmation était « trop contemporaine » ou « trop élitiste » pour lui (comprenez un peu « chelou »), les visuels des saisons précédentes ne lui donnaient pas du tout envie d’aller plus loin. Mais ça, c’était avant de discuter avec Ghiliane qui y travaille, une lectrice du blog avec qui il est parti En vadrouille. Comme quoi, c’est toujours mieux de communiquer pour faire tomber les préjugés et autres quiproquos 🙂 Echange de « bons procédés », il a accepté de recevoir les infos du lieu. Et c’est donc comme ça qu’il s’est vraiment penché sur les propositions de cette saison. Et vous savez quoi ? Il en a sélectionné un certain nombre, qui lui font de l’oeil. Et même qu’il aura des places à vous offrir. Il vous en reparlera. Pour l’heure, trêve de blablas, voici les spectacles qu’il a retenus.

Les spectacles sélectionnés par le poisson

Entre autres

Hip-hop, spectacle présenté dans le cadre de Mômaix

22 et 23 octobre

Pourquoi ? Parce que le « pitch » : Y en a qui disent « en même temps » et y en a d’autres qui disent « entre autres » ! La différenciation plutôt que la fusion est le choix porté haut par l’équipe de danseurs, rappeurs, graphistes, passionnés de culture hip hop de Marginalz Crew.

La rose des vents

Cirque

25 et 26 octobre

« Ils sont encore apprentis, mais déjà ils se glissent dans les plis du vent. Ils sont huit, âgés de dix-huit à vingt-cinq ans, issus de l’école Shems’y à Salé au Maroc où sous les auspices de Jean Genet qui y repose en paix, ils s’initient aux subtilités acrobatiques et chorégraphiques de l’art circassien. C’est la danseuse-chorégraphe franco-marocaine, Aïcha Aouad, qui les prenant sous son aile, a souhaité mêler le mouvement dansé aux numéros de cirque qu’ils maîtrisent déjà afin de créer un joyeux déséquilibre, un contrepoint poétique à la vitalité sportive et spectaculaire de l’acrobatie. Sans filet et en toute beauté, ces jeunes gens s’élancent à tout-va, à tous vents, sur des arabesques envolées portés en direct par les flux musicaux métissés des cinq musiciens du célèbre groupe AKSAK qui creusent depuis 30 ans les sillons des musiques d’Europe orientale et balkanique. »

Désobéir

Théâtre

21 et 22 novembre

« Nour s’avance sur le plateau. Elle est voilée. Elle raconte son histoire. La découverte de l’islam, la trahison amoureuse, la famille. « Comment s’inventer soi-même ? » la question parcourt l’entièreté de Désobéir pensé conçu et mis en scène par Julie Berès à partir de récits de jeunes femmes d’aujourd’hui, petites-filles ou arrière-petites-filles d’immigrés. Elles ont moins de 25 ans et à leur culture française se mêlent celles de la Kabylie, de l’Iran, de la Turquie ou bien du Cameroun. En scène quatre actrices énergiques et engagées restituent ces récits drôles ou douloureux et révèlent les désirs et les révoltes de ces jeunes femmes, de leur lien à la famille, de leur rapport à la tradition, à la religion et à l’avenir. Avec éclat, avec tendresse, elles dressent le portrait d’une jeunesse trop méconnue. Comment s’inventer soi-même, par-delà les assignations familiales et sociales ? Quel rapport à l’idéal, à la croyance, à la violence ? à la justice ? à l’Amour ? »

Ramkoers

Musique & Théâtre

13 et 14 décembre

Tant qu’à faire autant le faire et si on allait au crash ? Comme y invite littéralement Ramkoers le titre de la nouvelle création des Hollandais volants de la compagnie Bot. Ces mécaniciens, manipulateurs, acteurs et chanteurs, punk post punk tenant d’un new age pop industrieux réinventent le théâtre musical en n’hésitant pas à le scier jusqu’à l’os ! Il faut le voir pour le croire, ce rocambolesque et improbable chaos mécanico-musical redonne vie et voix à des gouttières, des bouts de ferraille qui pleurent, des barils rouillés, un piano dans une roue ou bien encore à un accordéon escargot… Dans un surréaliste et étourdissant concert capharnaüm, c’est donc armés d’une artillerie lourde que les artistes en kilt défient le destin, combattent l’impossible et délivrent gaiement des flots d’ingéniosités sonores. Et la musique fut.

La beauté du geste

Théâtre

23 et 24 janvier

« Provocation à la désobéissance », « trouble à l’ordre public » la compagnie du Zieu a bien du souci à se faire ! Menée par Nathalie Garraud et Olivier Saccomano, une bande d’acteurs se met à dos l’État, rien que ça (!), pour avoir seulement voulu faire du théâtre, mais oui, justement peut-on seulement vouloir faire du théâtre ? En trois parties, cette fable épique et poétique traverse la vie d’artistes en répétition, puis pendant la création d’une pièce sur une compagnie de CRS et in fine lors du procès… Comme sur une place publique ou une arène, les spectateurs entourent les acteurs qui jouent au centre et là, orateurs, accusateurs/accusés, trublions interprètent le monde à main levée pour ou contre le théâtre politique ? Shakespearienne en diable, cette fresque évoque les artisans du Songe d’une nuit d’été, parce que le théâtre est monde et que le monde est constamment mû par des mouvements politiques et poétiques.

Lily Water

Cirque, dans le cadre de l’Entre-deux Biennales

6 et 7 février

« Inspiré de l’Écume des jours, Lily Water – nénuphar en anglais – est une réécriture circassienne du roman de Boris Vian. Et quel plus bel hommage rendre à cette histoire d’amour-là que de la suspendre dans les airs aux fils du risque, des corps en mouvement et des émotions ? Deux voltigeurs aériens accompagnés de deux musiciens s’élancent, portés par quelques notes de jazz dans le ciel de nos amours perdues et imaginaires, à la croisée des amours chimériques et légendaires. Les nôtres aussi, car s’il n’y a pas toujours d’amours heureuses, certaines parfois s’élèvent dans les cieux. »

La dispute

Théâtre

24 et 25 avril

« Marivaux n’est pas du tout dans le coup, et La Dispute, le titre du spectacle, ce sont les enfants eux-mêmes qui l’ont choisi. En les interrogeant, l’auteur s’est rendu compte que la très grande majorité d’entre eux avaient des parents séparés et que leur monde s’organisait autour de cette séparation. Cela faisait longtemps que l’auteur metteur en scène Mohamed El Khatib voulait écrire un spectacle dit « pour enfant », alors pour ce faire il s’est adressé directement à eux et a passé plusieurs mois à enquêter sur ce qui occupe et préoccupe ces jeunes gens de huit ans dans leur vie quotidienne. Théâtre documentaire, documentaire théâtre, les frontières sont fines car il s’agit avant tout d’un regard, celui de l’auteur sur les enfants et celui d’enfants sur le monde. »

Avez-vous déjà fréquenté ce lieu ? Cette sélection vous tente-t-elle ?

 

Une réflexion sur “La saison 2019-2020 au Bois de l’Aune

  1. Bonjour, merci de cette sélection cher Marcel,
    Une question me taraude: si les spectacles sont gratuits en ce lieu, qui finance le fonctionnement du théâtre du Bois de l’Aune et tous les frais énormes? Le budget de la culture de la ville d’Aix, la région mais je ne pense pas que la gratuité systématique soit forcément une bonne chose, un prix symbolique est préférable, des tarifs très dégressifs, des billets suspendus gratuits comme au théâtre Liberté à Toulon offerts par certains. La culture a un prix, faire croire qu’elle ne coûte rien , pas même un bigmac ou un paquet de clopes(exemples répréhensibles mais tellement familiers) ne me parait pas anodin, surtout si la périodicité des spectacles est régulière. Il faut responsabiliser les spectateurs. J’espère que le poisson Marcel ne tirera pas ombrage de mon petit bémol, affectueusement.

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