Retour sur « La flûte enchantée »

Marcel et Paulette sont allés voir « La flûte enchantée » au Grand Théâtre de Provence dans le cadre du Festival d’Aix. Ils ont adoré !

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Présentation

« La flûte enchantée », « Die Zauberflöte » de son titre original, est un célèbre opéra de Mozart datant de 1791, le dernier qu’il a écrit avant sa mort. Enfin, s’il l’on veut être précis (vous aimez la précision, n’est-ce pas ?), il s’agit plutôt d’un « Singspiel » en deux actes. Un singspiel (mot allemand) est une « une œuvre théâtrale parlée et chantée en allemand, proche de l’opéra-comique français. Il se caractérise par l’alternance de dialogues parlés, parfois accompagnés de musique, et d’airs chantés, souvent de coloration populaire. » (source : Wikipédia)

C’est l’ouvrage lyrique de Mozart le plus étonnant de tous par son mélange des genres et des styles, du conte fantastique à la fable philosophique, de la comédie viennoise à l’opéra virtuose.

Cette version du Festival d’Aix 2014 a été mise en scène par Simon McBurney et la direction musicale est assurée par Pablo Heras-Casado.

L’histoire

« Tamino, un jeune prince, est attaqué par un serpent/dragon. Il s’évanouit et trois fées au service de la Reine de la Nuit tuent la bête. Papageno, un oiseleur qui passait par là, prétend que c’est lui qui l’a sauvé. Aussitôt, les trois fées punissent Papageno d’avoir menti en lui « cadenassant le bec », ce qui est insupportable pour lui qui est si bavard. Plus tard, la Reine de la Nuit montre à Tamino un portrait de sa fille Pamina et celui-ci tombe aussitôt amoureux de la jeune fille. La Reine lui promet qu’il pourra l’épouser s’il va la sauver de Sarastro qui la tient prisonnière. Elle lui offre une flûte enchantée pour l’aider. Il part donc avec son nouvel ami Papageno à l’assaut du temple de Sarastro. Celui-ci lui apprend que le Mal, ce n’est pas lui mais plutôt la Reine de la Nuit qui a voulu l’utiliser pour se venger de Sarastro. Tamino devra alors surmonter plusieurs épreuves pour pouvoir épouser Pamina. »

En bref, c’est le propos de l’œuvre. C’est donc un peu l’histoire du Bien contre le Mal, de la Lumière contre la Nuit avec pour fond des rites et des symboles d’inspiration maçonnique (il se dit que Mozart aurait été franc-maçon).

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La scène vide avant le début de la représentation

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Pour approfondir, le poisson Marcel vous conseille de consulter le génial Webdoc réalisé par le Festival d’Aix qui livre pas mal d’informations pour bien comprendre cette œuvre dense.

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Important

Si vous souhaitez aller voir cet opéra, les agités du bocal vous conseillent d’arrêter votre lecture ici pour ne pas vous « spoiler », vous dévoiler des choses avant et ainsi vous gâcher les effets de surprise 😉 Mais sachez qu’ils ont adoré !

LA FLUTE 10-049-1000pxl

e Prince Tamino est chargé par la Reine de la Nuit d’aller délivrer sa fille Pamina des prisons du mage Sarastro, présenté comme un tyran. Guidé par les trois Dames de la Reine, Tamino est surtout accompagné de Papageno, un oiseleur truculent, dont la couardise contraste avec la noblesse et le courage de Tamino : à Papageno revient un carillon et à Tamino une flûte magique – deux instruments qui les aideront dans leur périple. Mais Tamino découvre au cours de son voyage que les forces du mal ne sont pas du côté de Sarastro mais de celles de la Reine de la Nuit : cette dernière l’a trompé et elle est prête à tout pour se venger de Sarastro, qu’elle déteste. Truffé de mises à l’épreuve, le parcours de Tamino pour délivrer et conquérir Pamina se charge de symboles qui, de scène en scène, les mènent vers l’amour et la lumière, sous la sagesse bienveillante de Sarastro. La Reine de la Nuit et sa suite finissent anéantie – See more at: http://www.opera-online.com/items/works/die-zauberflote-mozart-schikaneder-1791#sthash.akUbXy1J.dpuf
Le Prince Tamino est chargé par la Reine de la Nuit d’aller délivrer sa fille Pamina des prisons du mage Sarastro, présenté comme un tyran. Guidé par les trois Dames de la Reine, Tamino est surtout accompagné de Papageno, un oiseleur truculent, dont la couardise contraste avec la noblesse et le courage de Tamino : à Papageno revient un carillon et à Tamino une flûte magique – deux instruments qui les aideront dans leur périple. Mais Tamino découvre au cours de son voyage que les forces du mal ne sont pas du côté de Sarastro mais de celles de la Reine de la Nuit : cette dernière l’a trompé et elle est prête à tout pour se venger de Sarastro, qu’elle déteste. Truffé de mises à l’épreuve, le parcours de Tamino pour délivrer et conquérir Pamina se charge de symboles qui, de scène en scène, les mènent vers l’amour et la lumière, sous la sagesse bienveillante de Sarastro. La Reine de la Nuit et sa suite finissent anéanties. – See more at: http://www.opera-online.com/items/works/die-zauberflote-mozart-schikaneder-1791#sthash.akUbXy1J.dpuf
Le Prince Tamino est chargé par la Reine de la Nuit d’aller délivrer sa fille Pamina des prisons du mage Sarastro, présenté comme un tyran. Guidé par les trois Dames de la Reine, Tamino est surtout accompagné de Papageno, un oiseleur truculent, dont la couardise contraste avec la noblesse et le courage de Tamino : à Papageno revient un carillon et à Tamino une flûte magique – deux instruments qui les aideront dans leur périple. Mais Tamino découvre au cours de son voyage que les forces du mal ne sont pas du côté de Sarastro mais de celles de la Reine de la Nuit : cette dernière l’a trompé et elle est prête à tout pour se venger de Sarastro, qu’elle déteste. Truffé de mises à l’épreuve, le parcours de Tamino pour délivrer et conquérir Pamina se charge de symboles qui, de scène en scène, les mènent vers l’amour et la lumière, sous la sagesse bienveillante de Sarastro. La Reine de la Nuit et sa suite finissent anéanties. – See more at: http://www.opera-online.com/items/works/die-zauberflote-mozart-schikaneder-1791#sthash.akUbXy1J.dpufLa mise en scène

La mise en scène

Une mise en scène assez simple en apparence quand on regarde la scène en attendant le début de la représentation (voir la photo ci-dessus) : un plateau un peu sur-élevé au milieu de la scène, l’orchestre au centre (évidemment) et de par et d’autre de la scène, une table sur la gauche et une « cabine » sur la droite.

En fait, le plateau s’incline, monte et descend au cours de la représentation. Sur le côté gauche, sur la table, un jeune homme manipule des objets devant une caméra qui retransmet les images en direct au centre de la scène, parfois sur un écran, parfois sur un rideau. A droite, dans la « cabine », ce sont en fait des bruitages en direct qui sont créés.

L’orchestre fait partie intégrante du spectacle. Parfois les chanteurs se posent au milieu de l’orchestre pour chanter ou certains font leur apparition de là. Il y a également des interactions entre les chanteurs et certains musiciens – la flûtiste et le musicien qui joue du glockenspiel (une sorte de petit clavecin qui fait des sons des cloches)-.

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La flûtiste sur la scène

L’avis de Marcel et Paulette

Avant toute chose, il est important de préciser que les poissons n’avaient jamais vu « La flûte enchantée ». Ils avaient donc un regard « naïf ». Leur avis sera donc probablement différent de certains « puristes » de cette œuvre.

Mais les poissons avouent avoir adoré ! Autant pour la musique (sublime !) que pour la mise en scène, simple en apparence mais avec des procédés scéniques complexes finalement ! Il y a pas mal de machinerie notamment avec le plateau qui s’incline dans tous les sens. Certes, ce procédé, souvent utilisé dernièrement, n’est plus original. Mais il est pourtant efficace et bien utilisé par le metteur en scène. Chapeau aux machinistes pour leur travail !

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Marcel et Paulette ont beaucoup aimé les illustrations dessinées à la craie sur une ardoise en direct et projetées au milieu de la scène. Ainsi que les oiseaux symbolisés par des feuilles de papier que des figurants (chanteurs? techniciens ?) agitent. Ils ont trouvé cela poétique. Ils ont également apprécié les bruitages faits en live depuis la « cabine », les interactions (totalement inexistantes dans les mises en scène « traditionnelles » d’opéra) des chanteurs avec l’orchestre, les entrées/sorties faites du fond de la salle et les passages dans le public. Tout cela rafraîchit et dépoussière le genre !

Un petit bémol tout de même pour les lumières qui auraient pu, selon Paulette, davantage participer à la féerie et à l’enchantement. Elles n’ont pas été utilisées à leur juste valeur, toujours selon elle. Dommage.

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Pour finir (les poissons n’ont, comme d’habitude, pas réussi à faire court… désolés !), parlons du jeu. Paulette, qui a une sensibilité plus « théâtre », a aimé les parties jouées. Parfois, quand elle va voir un opéra, elle trouve que les chanteurs, pourtant très forts techniquement, jouent mal, sonnent faux, ne sont pas crédibles. Là, ce n’était pas le cas. Peut-être que des vrais connaisseurs en musique et surtout en musique mozartienne auraient à redire concernant les performances vocales des chanteurs et notamment celle de la Reine de la Nuit… Mais pour quelqu’un qui est « plus théâtre », c’était très bien ! (Encore plus pour Paulette qui entendait pour la première fois, en vrai, « L’air de la reine de la Nuit » qu’elle chantait à tue-tête quand elle était petite…! Ce fut un moment d’émotion intense ! A voir et écouter à 1:46:35 si cela vous tente : http://concert.arte.tv/fr/la-flute-enchantee-de-mozart-au-festival-daix-en-provence)

Pour Marcel, c’était le premier opéra auquel il assistait. Merci au Festival d’Aix d’avoir créé l’opération « Opéra On » qui lui a permis pour vraiment pas cher (15€ !), de découvrir ce genre ! Et en plus, les poissons ont été hyper bien reçus : bonnes places et buffet à la fin ! Sans parler de tous les événements organisés au cours de l’année qui ont été très enrichissants : café-opéras, visites des ateliers de fabrication de décors, rencontres avec une maquilleuse et une couturière/habilleuse du festival… Les poissons espèrent que cette opération sera renouvelée l’année prochaine. Ils sont déjà sur les starting-blocks pour s’y inscrire ! 😉

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Toute l’équipe habituellement dans l’ombre

Un dernier mot, nécessaire en cette période, sur les intermittents. Avant le début de la représentation, une régisseuse a expliqué au micro la situation des intermittents tout en disant que le spectacle aurait bien lieu. Puis, elle a invité toutes les « personnes de l’ombre » à monter sur scène pour que l’on se rende compte de leur nombre. C’était un moment émouvant, surtout quand on fait partie de ce système comme Paulette (sans être intermittent pour autant…) et qu’on côtoie ces personnes tous les jours… Bref, après avoir assisté à la représentation, on comprend d’autant plus le nombre de techniciens nécessaires à son bon déroulement. D’ailleurs, tous ces « gens de l’ombre » monteront à la fin sur la scène pour saluer. Et seront, applaudis, comme il se doit.

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Pour résumer : si vous en avez l’occasion, courez voir « La Flûte enchantée » ! Elle est jouée jusqu’au 23 juillet 2014 !

Sinon, si cela vous tente (et même si sur un écran, ça rend toujours beaucoup moins bien), vous pouvez regarder la représentation filmée par Arte.

*-* Edit de Juillet 2017 *-*

Le Festival d’Aix reprendra en 2018 cette production ! Trop chouette ! Si vous n’avez pas eu l’occasion de la découvrir en 2014 ou que vous souhaitez la revoir, tenez-vous prêts pour les réservations, généralement ouvertes en janvier !

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10 réflexions sur “Retour sur « La flûte enchantée »

  1. Merci à vous pour cet article qui, je n’en doute pas, donnera envie à tous les retardataires et les hésitants de dénicher une place pour ce superbe spectacle.
    Juste pour le plaisir d’ajouter mon petit grain de sel : il n’a jamais été prouvé que Mozart fut franc-maçon, même si, comme vous l’avez relevé, beaucoup d’indices peuvent le laisser penser. Et même si plusieurs livres ont été écrits sur le sujet.
    D’ailleurs, l’Eglise elle-même, qui a combattu tant et plus cette œuvre, semble avoir aujourd’hui des doutes…
    En revanche, plus nombreux s’accordent à penser que le père de Mozart l’aurait été.
    En fait, si l’on y réfléchit bien, que Mozart l’ait été ou pas, dans les deux cas, “La flûte enchantée” est un joli pied de nez à la conformité de la société d’alors !

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  2. Gaia et moi l’avons vu il y a quelques années, au Grand Théâtre également. La mise en scène était très minimaliste mais c’était un très bel opéra ! Cette version semble bien sympa aussi !! 😉

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